Spring
Nous y étions hier soir, quatre convives affamés, dans ce petit (16 couverts) restaurant de la rue de la Tour-d'Auvergne. Le Fooding avait déjà applaudi, le Figaroscope décerné ses petits cœurs. Nous n'avons pas attendu d'autre signal : l'endroit étant exigu, il n'y avait pas de temps à perdre.

On vous résume l'histoire déjà contée ailleurs : le jeune chef Daniel Rose est originaire de Chicago ; il dispose d'un CV plus qu'honorable puisqu'il a travaillé avec Christian Constant, Yannick Alléno, Iñaki Aizpitarte. "Un restaurant qui ressemble à la vie", écrit Emmanuel Rubin. Bien vu. Un seul espace : la salle, la cuisine. Un bar décoré de pommes, de grenades, de joyeux potimarrons et d'un iPod avec enceintes. Un KitchenAid assorti aux potimarrons. Des senteurs enivrantes échappées des fourneaux, là, tout près, à portée de bras. Un menu unique à 38 euros, changeant tous les soirs mais le même pour tout le monde. Ce soir, arrosé d'un très honnête fronton, il y avait :

Crème de carotte à l'effiloché de jarret de veau,

Saumon mariné, pesto et julienne de pomme,

Pigeon parfaitement cuit, doré-croquant à l'extérieur, rouge et fondant à sous la peau, sur une purée pomme de terre-topinambours juste écrasés et un jus à se relever la nuit.

Enfin, un moelleux gâteau au chocolat servi avec une cuillerée de confiture de cerise noire et une crème légère.
Pour finir, un moka d'Éthiopie et un excellent chocolat caraïbe.
Je
crois que ces images parlent d'elles-mêmes. Personnellement je préfère
éviter de trop les décrire, car je sens que je vais encore avoir faim.
Réservation impérative. Le temps n'est pas loin où il faudra attendre
plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour dîner à Spring.
Ah, encore un truc : le pain est remarquable, notamment la baguette. Il vient de la porte à côté. Littéralement.
Spring, 28, rue de La Tour-d'Auvergne, Paris IXe. Tél. : 01 45 96 05 72. Fermé le dimanche, ouvert seulement le soir.