Au revoir Agadir
Ce n'étaient pas vraiment des vacances, mais je voyais venir le coup gros comme une maison. La fin de l'été est souvent riche en bouclages de bouquins divers et, par la grâce de l'e-mail, il est de nos jours facile d'alimenter à distance les stakhanovistes de la recette. Oh, nous avons tout de même trouvé le temps d'aller à la plage...
Près d'Aourir, cette plage s'étendait sous un ciel lourd et gris, on se serait cru en Picardie au mois d'octobre. Et oui, il faisait presque aussi frais. La mer, les gros rouleaux roulants de l'Atlantique, était fraîche aussi. Il fallait faire un effort pour garder son équilibre, mais ce n'était tout de même pas aussi dangereux qu'à Ksar Massa.
Au retour, nous avons acheté de délicieuses petites bananes de la bananeraie d'Aourir. Je n'ai jamais mangé de bananes cultivées si fines et si parfumées. C'est qu'elles sont toutes fraîches, et récoltées à maturité.
Une autre plage, celle du Sofitel Agadir. Ce coucher de soleil annonce la mélancolie du départ. Bientôt il va falloir dire au revoir à la ville aux nombreux palmiers.
Quelques vues des rues, des kiosques et des grands hôtels pris de la voiture de Pascale. Comme toujours quand la photo est prise à pleine vitesse et en plein flou, elle restitue l'âme et la mélancolie du lieu. Et fait ressortir, je ne sais trop pourquoi, sa nature africaine.
Le jour de mon départ, T. avait préparé un goûter avec thé à la menthe et beghrir au miel et au beurre.
Pendant que, derrière les fenêtres du bureau, un orage se préparait, chose rarissime à Agadir en cette saison.
Les premières gouttes nous ont surpris et charmés.
Et il y avait de quoi, la lumière était superbe.
Dehors, trois beaux Gadiris attendaient, sous la tenture d'un magasin, que la pluie se calme.
Cela se passait devant une pâtisserie où l'on pouvait acheter ceci :
Je suis rentrée à Paris avec une belle boîte de ces petites choses, et d'autres encore. Je n'ai pas oublié de rapporter deux sachets des meilleurs ras el-hanout et un peu de thé berbère (menthe, rose et verveine), courses effectuées sous une pluie battante.
Je me doutais que cet orage inhabituel marquait la collision de deux masses d'air de températures très différentes. Et comme il avait fait relativement frais les jours précédents, cela ne pouvait impliquer qu'une chose : le chergui, le vent du désert, était aux portes d'Agadir. C'était le cas. Le soir de mon départ, la température est passée de 22 °C à 38 °C en deux heures.
Nous quittons la maison à 22 heures. Il fait déjà 33 °C dehors. Pendant que nous parcourons la dizaine de kilomètres qui nous séparent d'Al Massira, je vois, sur le thermomètre de la voiture, la température passer à 34, 35, 36, 37, 38... à vue d'œil. À 39, elle fait mine de se stabiliser et retombe à 38. "C'est quoi ce bordel ?" dit Pascale. "On va geler si ça continue", dis-je. Nous pénétrons en pleine nuit dans un aéroport déjà chauffé à blanc. Le contrôleur des passeports remplit pour moi, aimablement, la fiche de sortie du territoire. "Vous êtes sûre que vous êtes née en 1959 ?" me demande-t-il. — Euh, oui. — Vous ne les faites pas du tout !" Il est déjà très agréable d'entendre ce genre de discours de n'importe qui, alors d'un contrôleur de l'immigration...
La chaleur rend l'attente de l'embarquement pénible. Heureusement, l'avion part à l'heure et même un peu avant l'heure. Ce détail apparemment surprenant signifie juste qu'on cherche à s'arranger avec les vents désertiques : le chergui galope littéralement. Il partira sans doute aussi vite qu'il est venu, en tout cas c'est ce que je souhaite à tous les Gadiris restés sur place.
À quoi voit-on à coup sûr qu'on est rentrée à Paris ?
Au fait qu'on est en présence d'un nuage rhubarbe de Delicabar.
Hm, vous êtes sûre que cette preuve suffit ?
Bon, alors on va rajouter un Truc Chocolat noir comme preuve supplémentaire.
Vous noterez la présence d'un agitateur à cocktail venu tout droit de Propaganda, le magasin de design de Bangkok. Ça c'est la grande classe.
Le nuage rhubarbe a été dégusté par Anakin Skywalker. Je me suis, quant à moi, chargée du Truc Chocolat. Nous déjeunions hier en compagnie de Docsconz et de sa charmante famille, que nous avons été très heureux de rencontrer.
Cette pâtisserie et sa photo sont dédiées à Pim, qui a décidément dit sur mon blog des choses très gentilles que j'apprécie de tout mon cœur. Je ne dirai d'ailleurs jamais assez tout le bien que je pense de Pim et de son blog, qui reste pour moi une référence absolue des food blogs et des blogs en général.














