Ce qu’a fait Ferran (1)
Chose promise, chose due. Je vous avais promis le roman-photo d’ElBulli 2005, le voici.
Il
n’est pas bon de se précipiter pour une telle occasion. Le dîner est
prévu pour dimanche soir ; j’arrive donc à Montpellier le samedi soir
afin de retrouver les copains. Le départ pour Roses est prévu pour le
lendemain vers midi.
Le Château du Port
Nous partons donc dimanche
midi. Première escale : Le Château du Port, à Marseillan, dernière
adresse des frères Pourcel, et une totale réussite.
Cette maison
blanche à balcons bleus est posée au bout du monde, entre les chais du
Noilly Prat et le quai donnant sur l’étang de Thau. C’est un endroit
magique, tout de bleu et de lumière.
Il fait un temps magnifique. Impossible de ne pas s’arrêter en terrasse, sur une table en mosaïque, sous la caresse des belles-de-nuit pelotonnées dans leur sommeil diurne.
L’apéro : sans hésiter, un marseillannais (Noilly blanc et Noilly ambré, what else ?). Les tons herbacés et boisés du noilly ambré (une boisson qui gagnerait à être mieux connue) valent largement ceux d’un lillet. À propos, si tout se passe comme je le prévois, il pourrait y avoir une montée en hype du Noilly Prat dans les mois à venir.
L’entrée : des fleurs de courgettes farcies aux palourdes. L’inspiration méditerranéenne des Pourcel dans ce qu’elle a de plus simple et de meilleur. Ici exécutée avec une grande vivacité de saveur.
Le plat fétiche de la maison : la sublime seiche à la rouille, tendre, parfumée, aillée sans fausse pudeur. Je ne désespère pas d’obtenir un jour la recette.
Le pré-dessert, bien dans la tradition pourcélienne. Une petite soupe de fraises et de pêches délicieuse par temps chaud, et tout aussi délicieuse en ce jour où il ne fait pas trop chaud. Et qui dit pré-dessert dit dessert : ce sera des fraises au granité de verveine.
Il est temps de reprendre la route ! Pas facile de s’arracher à un tel endroit.
Roses
Lors
de notre pèlerinage annuel à Cala Montjoi, nous descendons en général à
l’Almadraba, un bel hôtel à la sortie de Roses. Je me souviens
particulièrement de sa grande piscine d’eau de mer, un peu froide, qui
réveille après une longue route.
Le Sud, bon sang, le Sud ! Dali, qui disait que les plus beaux paysages du monde étaient autour de la Méditerranée et que les autres beaux paysages n'en étaient que de pâles imitations, était originaire de cette région de la côte catalane. Cadaquès n'est qu'à un vol de mouette. Aujourd'hui, je comprends ce qu'il a voulu dire. Je rappelle cette parole à Jacques Pourcel, qui me répond de son ton le plus prosaïque : "Il a raison."
Si l’on veut, comme les veinards ci-dessous, on peut aussi se payer la grande bleue.
N'oublions pas, en Catalogne, les petits déjeuners solides et les fruits.
Vous attendez le compte rendu du dîner chez ElBulli, hein ? Mais il faut être en forme pour cela. La suite demain, si vous êtes sages, si vous vous brossez bien les dents, faites votre prière et allez vite au lit, comme moi d'ailleurs.















