5 mai 2005
En vacances !
Comme nous avons fini les photos de plats ce soir, nous pouvons nous
considérer comme en vacances. Nous n'avons pas attendu ce moment pour
partir à la découverte de la cuisine de rue à Bangkok, et ce que j'ai
dégusté jusqu'à présent me fait regretter de ne pas avoir commencé
avant.
Un des derniers plats photographiés : une langouste de Phuket grillée, sauce aux agrumes.

Pour fêter ça, nous sommes allés nous taper la cloche sur Silom, soi 20, entre le temple hindou et la mosquée.


Voici
ce que l'on nous a servi : lard grillé croustillant, saucisse grillée,
riz, curry de liserons d'eau au porc. On s'est régalés.
Le tout accompagné de ce délicat condiment.

Une fois qu'on a essayé ce mode de restauration, il est difficile de ne pas récidiver dès le lendemain. Au déjeuner, j'ai essayé le food court du MBK Center. Tout d'abord, je me suis risquée dans un petit restaurant à nouilles où toutes les inscriptions étaient en thaï (je me suis dit : si tu arrives à te débrouiller ici, après cela tu pourras tout te permettre). J'ai choisi un bol de nouilles au tendon de bœuf mijoté, servies dans un bouillon sombre et épais. C'était généreusement pimenté, et délicieux.

Le tout accompagné de ce délicat condiment.

Tout à notre ivresse, nous sommes rentrés en tuk-tuk. Sous la mauvaise influence de certains esprits forts (tu ne vas tout de même pas monter dans cet attrape-touristes, et gna gna gna),
j'avais évité cette expérience jusqu'à hier soir. Eh bien, là aussi,
j'ai regretté de ne pas avoir essayé plus tôt. On découvre un Bangkok
tout différent, surtout la nuit. On est, si je peux m'exprimer ainsi,
"en plein dedans".
Il n'y a que le premier pas qui coûte. Beaucoup de visiteurs sont intimidés par leur méconnaissance de la langue thaïe et n'osent pas commander leur repas dans la rue. D'autres ont carrément peur de se faire empoisonner, et les traqueurs de germs à la mode américaine doivent prendre leurs jambes à leur cou. Tant mieux : dans ce dernier cas, ça écrème. Pour les autres : ce n'est vraiment pas si compliqué de commander ; repérez un étal où les ingrédients ont bonne mine, où il y a suffisamment de tables pour s'asseoir, et où les clients sont raisonnablement nombreux. Ensuite, pointez du doigt vers ce que vous voulez, indiquez le nombre de portions par gestes, et à partir de ce moment c'est la maison qui va s'occuper de vous, vous choisir la table, vous asseoir, vous apporter l'eau fraîche ou la bière et le seau de glace. Arrivent ensuite les couverts en alu, les assiettes en plastique. En général les petits pots de sauces incendiaires sont déjà sur la table, je vous conseille de les essayer. Parfois, on vous apporte avec votre plat la sauce appropriée. La magie commence à opérer : il fait une chaleur de dingue, le bruit ambiant est presque assourdissant (pour peu que vous soyez sur un thanon, une grand-rue ou une avenue), vous êtes à une table recouverte d'acier, bringuebalant sur un trottoir bien cracra, mais vous êtes bien. Une espèce de bienveillance s'installe autour de vous, les sourires fleurissent, vous n'auriez jamais cru que cet endroit serait si confortable et que, finalement, tout serait si simple. Ce qui va atterrir sur la table vous surprendra toujours par sa qualité et sa finesse. Ce curry de légumes marron qui ne payait pas de mine se révèle plein d'arômes d'ail, de galanga, de feuille de makrut. Cette saucisse un peu rabougrie a une fraîcheur de citronnelle qui éclate en bouche. Le porc grillé vous fait soudain comprendre que vous n'aviez pas mangé de vrai cochon depuis longtemps. Le dosage judicieux du chili vous donnerait presque l'illusion que le restaurateur a préparé le plat spécialement pour vous. Une fois votre repas terminé et payé, le dessert se trouve à quelques pas. Une noix de coco ouverte au coupe-coupe, pleine d'eau rafraîchissante, à peine sucrée ? Une mangue épluchée posée sur du riz gluant et recouverte de crème de coco ? Un petit sachet de vermicelles colorés ? Ou même une autre saucisse grillée ? Vous n'êtes jamais loin de quelque chose qui vous fera plaisir.
Il n'y a que le premier pas qui coûte. Beaucoup de visiteurs sont intimidés par leur méconnaissance de la langue thaïe et n'osent pas commander leur repas dans la rue. D'autres ont carrément peur de se faire empoisonner, et les traqueurs de germs à la mode américaine doivent prendre leurs jambes à leur cou. Tant mieux : dans ce dernier cas, ça écrème. Pour les autres : ce n'est vraiment pas si compliqué de commander ; repérez un étal où les ingrédients ont bonne mine, où il y a suffisamment de tables pour s'asseoir, et où les clients sont raisonnablement nombreux. Ensuite, pointez du doigt vers ce que vous voulez, indiquez le nombre de portions par gestes, et à partir de ce moment c'est la maison qui va s'occuper de vous, vous choisir la table, vous asseoir, vous apporter l'eau fraîche ou la bière et le seau de glace. Arrivent ensuite les couverts en alu, les assiettes en plastique. En général les petits pots de sauces incendiaires sont déjà sur la table, je vous conseille de les essayer. Parfois, on vous apporte avec votre plat la sauce appropriée. La magie commence à opérer : il fait une chaleur de dingue, le bruit ambiant est presque assourdissant (pour peu que vous soyez sur un thanon, une grand-rue ou une avenue), vous êtes à une table recouverte d'acier, bringuebalant sur un trottoir bien cracra, mais vous êtes bien. Une espèce de bienveillance s'installe autour de vous, les sourires fleurissent, vous n'auriez jamais cru que cet endroit serait si confortable et que, finalement, tout serait si simple. Ce qui va atterrir sur la table vous surprendra toujours par sa qualité et sa finesse. Ce curry de légumes marron qui ne payait pas de mine se révèle plein d'arômes d'ail, de galanga, de feuille de makrut. Cette saucisse un peu rabougrie a une fraîcheur de citronnelle qui éclate en bouche. Le porc grillé vous fait soudain comprendre que vous n'aviez pas mangé de vrai cochon depuis longtemps. Le dosage judicieux du chili vous donnerait presque l'illusion que le restaurateur a préparé le plat spécialement pour vous. Une fois votre repas terminé et payé, le dessert se trouve à quelques pas. Une noix de coco ouverte au coupe-coupe, pleine d'eau rafraîchissante, à peine sucrée ? Une mangue épluchée posée sur du riz gluant et recouverte de crème de coco ? Un petit sachet de vermicelles colorés ? Ou même une autre saucisse grillée ? Vous n'êtes jamais loin de quelque chose qui vous fera plaisir.
Une fois qu'on a essayé ce mode de restauration, il est difficile de ne pas récidiver dès le lendemain. Au déjeuner, j'ai essayé le food court du MBK Center. Tout d'abord, je me suis risquée dans un petit restaurant à nouilles où toutes les inscriptions étaient en thaï (je me suis dit : si tu arrives à te débrouiller ici, après cela tu pourras tout te permettre). J'ai choisi un bol de nouilles au tendon de bœuf mijoté, servies dans un bouillon sombre et épais. C'était généreusement pimenté, et délicieux.

J'ai continué mon repas un étage plus bas, avec un poulet grillé (kai yaeng) et une salade de papaye verte (som tam) très réussis, pour conclure par un thabtim krob
(dés de châtaigne d'eau enrobés de farine de tapioca teintée de rose,
puis pochés, servis avec un peu de sirop, de crème de coco et de glace)
et une bonne rasade d'eau de coco.


À la sortie du MBK Center, en continuant sur la gauche, on trouve ce (très beau) marchand de (très beaux) fruits découpés.


Un petit close-up sur la marchandise, ça vaut le coup.


Après
quelques repas de ce régime, je remarque que je supporte beaucoup mieux
la chaleur, que je me sens plus légère, que je dispose d'une énergie
surprenante et que j'arrive à marcher plus longtemps dans la ville.
C'est évident : cette nourriture est saine, légère et nutritive. Elle
est non seulement délicieuse, elle est aussi salutaire. Les repas
d'hôtel, les plats de restaurants climatisés ne produisent pas cet
effet. Alors ce soir, rebelote, nous sommes sortis sur Thanon Silom
afin d'y trouver une gargote où assouvir notre faim. Nous nous
attendions à marcher un peu, impossible : nous nous sommes arrêtés
quasi tout de suite, apercevant une poissonnerie doublée d'un
restaurant de trottoir. Nous nous sommes régalés d'un calmar grillé
parfaitement à point, de liserons d'eau sautés à l'ail, au chili et au
soja fermenté, et d'un magnifique maquereau grillé, frais comme l'œil.
En dessert, le photographe a acheté, passant à côté d'un gril, une
brochette de poulet qui était la meilleure que nous ayons jamais
goûtée. Comment font-ils ? C'est fondant, c'est savoureux, c'est
croustillant, tendre, sucré, salé, parfait. Peut-être une
marinade à la sauce de poisson et au sucre de palme, qui attendrit les
chairs ? Je ne sais pas.
Au coin de la rue Sala Daeng et de Thanon Silom, il y a un très beau café ancien conservé dans son jus, où nous nous promettons de prendre un verre un soir. Le chat de la maison vaut le déplacement.
Au coin de la rue Sala Daeng et de Thanon Silom, il y a un très beau café ancien conservé dans son jus, où nous nous promettons de prendre un verre un soir. Le chat de la maison vaut le déplacement.
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