Le marché des producteurs
Mes photos prises avant-hier au marché de l'Association des producteurs se
sont révélées de mauvaise qualité et souvent ratées. Beaucoup sont
floues parce que la chaleur me rendait naze et beaucoup sont embuées
parce que la chaleur rendait l'appareil naze. La condensation a flouté
mon objectif bien contre mon gré. Je vous présente ici quelques
rescapées de mon expédition à ce marché extraordinaire, a foodie's dream come true.
Parmi les chefs qui m'entourent, certains ne jurent que par le grand wet market de Khlong Toey, d'autres mentionnent le marché de gros ; j'entends parler du food court
du grand centre commercial Emporium, ou bien de celui de la gare de
Banglamphu... Pour ma part, si je dois choisir un marché alimentaire à
Bangkok, c'est celui-ci sans aucune hésitation. Le marche de
l'Association des producteurs se trouve juste à la sortie du métro,
station Kamphaeng Phet, sortie 3 (donc à l'opposé de la sortie vers le
grand marché de Chatuchak). Je n'ai vu ce marché dans aucun guide, donc
on n'y voit pas un seul farang (à part nous). C'est une visite fascinante mais for passionate foodies only, surtout en cette saison de forte chaleur.
C'est
en quelque sorte le Fauchon bangkokien, en mille fois plus classe et
plus savoureux que Fauchon bien entendu. Il cumule les fonctions de
marché alimentaire et de cantine haut de gamme, étant donné les
innombrables préparations culinaires (curries, fritures, grillades,
douceurs, salades...) dont on peut se régaler sur place. Les
marchandises sont top-niveau, la cuisine est hautement recommandée
(toutes les échoppes arborent le certificat du ministère de la Santé,
vous pouvez donc y aller les yeux fermés). En plus on n'y patauge pas
dans la flotte et on n'y hume pas de puissantes odeurs comme à Khlong
Toey, ce qui d'ordinaire ne me gêne pas mais me fait reculer
actuellement, par 40 degrés "ressentis".
Malheureusement toutes mes vues un peu larges du marché sont passées à la benne. Il ne me reste que quelques détails, que voici.
Tout d'abord, un aperçu illustrant l'amour de l'ail et de l'échalote dans la cuisine thaïe (ce dont on ne va pas se plaindre).

On peut aussi se faire éplucher les fruits, comme partout. Ici, le délicieux pomelo thai est pelé quartier par quartier.
On en apprend tous les jours sur les mangues. Aujourd'hui, leçon 2 : sans doute pour aller dans le sens de la réputation aphrodisiaque du fruit, ou tout simplement pour mettre en valeur sa beauté vermeille et rebondie, on cultive de grosses mangues greffées en les marquant au pochoir avant maturité : la peau s'orne peu à peu de slogans évocateurs tels que love, kiss, etc. Si avec ça le destinataire n'a pas compris... Ah, sacrées mangues, tiens. Ces fruits ont décidément un caractère. Mais le programme peace, love and mangoes, je n'ai rien contre. Ça me paraît raisonnable.
Ce coutelier m'a vendu de superbes couteaux artisanaux à lame recourbée, entièrement faits à la main. Pour me remercier de mon achat, il m'a offert un bâton de massage en palissandre.
Vous faire servir une omelette aux moules à la minute (celle-ci a beaucoup de succès),
Vous monter en poissons frits et en galettes aux herbes,
Grignoter sur le pouce des brochettes au saté,
Emporter vos sauces à la maison, touche finale comprise (coriandre, chili).
Bien entendu, le marché propose viandes et poissons frais. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie d'intituler cette photo "les Choristes".
Et si vous avez encore faim pour le dessert, vous pouvez choisir la couleur de votre riz gluant,
Ainsi que vos bananes confites.
Bon, j'arrête, vous avez trop faim.
On termine avec des fleurs, et ces magnifiques boutons de lotus sacré.
Leur forme, leur élégance, leur grâce sont pour moi le symbole de la Thaïlande.













