chez ptipois

garanti sans feuille de menthe

20 juillet 2007

Retour à Paris

Avec une dent cassée à couronner et une crise d'arthrite au genou (décidément...). Pour la dent, c'était dans un restaurant libanais, sur un bout d'os laissé dans un kefta. On comprendra que je ne donne pas l'adresse. Pendant les travaux de réparation, le blog continue.

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J'ai découvert ce coin du square Saint-Médard que je n'avais guère exploré auparavant. Au fond, la façade de l'ancienne charcuterie Facchetti, rescapée d'un temps reculé, quand le bas de la rue Mouffetard était encore un marché populaire.

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Le saviez-vous ? Il y a des noisettes dans le square Saint-Médard.

ourson

Il y a aussi des oursons bleus gare Saint-Lazare. Emprisonnés dans le sol de la salle des pas perdus, entre le bitume et le revêtement transparent, ils aimeraient appeler au secours mais ils en sont incapables. D'autant qu'ils ont été chopés la bouche pleine.

verrines

La preuve sur ce camion frigorifique de traiteur : ça y est, c'est fait, les verrines sont devenues beauf. Et la gastronomie moléculaire aussi, par la même occasion (voir l'éprouvette). Deux d'un coup.

hamburger

Et dans la presse, les faits divers sont de plus en plus imaginatifs.

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23 juin 2007

After la coqueluche

Ça commence à aller vraiment mieux. J'ai encore une petite quinte certains soirs, il ne faut pas que je rie trop fort et je dois me méfier du chili, mais dans l'ensemble la coqueluche est derrière moi. D'après mon acupuncteur miracle, il faudra encore deux semaines avant que la fatigue me quitte et que je retrouve tout mon souffle, mais enfin on n'en est plus au post du 18 mai.
Pour fêter ça je me suis payé un luxe, enfin un luxe au sens où je l'entends : une balade à travers les Tuileries mouillées (il y a eu quelques grosses averses aujourd'hui) vers 21 heures, quand le soir tombe lentement à travers de gros nuages. Comme j'aime la pluie et que je déteste la chaleur sèche parisienne, je trouve que ce mois de juin 2007 m'a gâtée.

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Un réflex numérique, ça aide à relativiser les autres appareils qui ont pu nous passer entre les mains, et ça ne les annule pas forcément. Pendant vingt ans j'ai utilisé des réflex argentiques avec beaucoup de plaisir, et en 2002 je suis passée au compact numérique — un petit Konica Revio haut comme trois pommes à genoux, mais pourvu d'un capteur exceptionnel et dont j'ai déjà dû parler ici. Plus tard j'ai utilisé un bridge Konica-Minolta et encore plus tard un bridge Lumix capable de faire du format 16 X 9. Tout en essuyant les regards un peu condescendants de certains porteurs de réflex numériques. Maintenant que j'ai sauté le pas et que je me retrouve en possession d'un beau Nikon D80, je redécouvre mes vieux coucous qui semblaient faire grise mine auprès des appareils de pro.
J'ai compris plusieurs choses : 1. Qu'un réflex numérique est de maniement nettement plus compliqué qu'un réflex argentique ; 2. Que ce n'est pas la peine d'essayer d'utiliser mes vieux objectifs Nikon sur le nouveau boîtier : même si ça s'emboîte, les résultats ne sont pas à la hauteur, et l'allongement de focale n'est pas un effet désirable tant qu'on ne part pas en reportage aux 24 Heures du Mans. 3. Qu'il va me falloir du temps pour bien maîtriser cet appareil, et qu'à cet effet un petit stage ou deux ne seraient pas de trop. 4. L'argentique, c'est pas si mal finalement, surtout avec des Micro-Nikkor 55 et 105 macro. Tiens, je vais m'y remettre. 5. Loin de reléguer au grenier les compacts et bridges numériques qui l'ont précédé, ce D80 m'incite au contraire à les redécouvrir et à apprécier leurs qualités. Impossible en effet, avec ce gros machin, de prendre des vues immédiates, instinctives, saturées, brouillées et émouvantes comme je le fais avec un boîtier juste sorti de la poche, le petit Konica qui ne paie pas de mine et qui fait de plus belles photos nocturnes que moult appareils beaucoup plus sophistiqués. Quant au Lumix, eh bien, c'est une très bonne bécane, une optique Leica ce n'est tout de même pas rien, et le format 16 X 9 est génial. Ci-dessus et ci-dessous, deux images qui expliquent pourquoi je ne suis pas près de me débarrasser du petit Konica à deux balles, strictement introuvable aujourd'hui.

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En me baladant vers la limite sud du jardin, le long de la muraille qui le sépare de la voie rapide, mon regard fut attiré par un massif de roses trémières, un peu inhabituel en ce lieu. Les Tuileries, on ne peut rien rêver de plus urbain. C'est un jardin à la française absolument pur, contraint, géométrique. La lumière y est superbe parce que les grandes étendues de sable clair reflètent les ciels. Il y a peu d'endroits à Paris où la splendeur des ciels parisiens soit si visible : c'est parce que ce jardin est plus minéral que végétal. Alors donc les roses trémières : de leur côté, il y avait comme un fouillis vert. Quelque chose qui n'allait pas dans le paysage. Et en effet, j'ai découvert, à ma grande stupeur, un jardin potager enclos, barrière grande ouverte. Il y poussait des tomates et surtout des herbes aromatiques en abondance. Romarin, menthe, thym, sarriette, lavande, et des espèces plus rares comme origan, marjolaine, pimprenelle et même un gros buisson d'hysope. J'ignorais que l'hysope poussât si bien en plein Paris ; sur mon balcon, je n'ai jamais réussi à la faire prospérer. Un verdier, à mon passage, prit son envol et se posa quelques mètres plus loin. Là, entre la voie Georges-Pompidou et la rue de Rivoli, j'avais l'impression de me trouver loin de tout, dans un jardin de la Brie profonde ou du Vexin.
Quittant l'enclos, j'ai repoussé la barrière que j'avais trouvée ouverte, comme si elle n'avait été ouverte que pour moi (ce qui est, bien entendu, une pensée absurde). Quelques pas plus loin, dans la partie civilisé du jardin, sur les pelouses rases et veloutées, une famille de canards dormait debout sous un petit charme, becs enfouis dans les plumes. L'air et le vent portaient une odeur de végétation fraîche et humide. Un merle s'égosillait sur un marronnier. Un grand oiseau traversa le ciel d'un vol lent et lourd, passa quelques mètres au-dessus de moi et alla se poser côté Rivoli. C'était un héron cendré. En plein Paris.

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18 mai 2007

Before la coqueluche

Désolée d'avoir déserté ce blog pendant presque un mois ; une mystérieuse maladie s'est abattue sur moi le soir même du premier tour de l'élection présidentielle. Et depuis, je traverse une période très pénible, avec des nuits sans sommeil. Elle n'a pas été diagnostiquée dès le début, d'où une évolution difficile.
Avant cela, je menais une vie normale. Je sortais dans Paris sans fatigue, sans quintes de toux, sans afflux de chaleur au visage. Je me baladais par exemple à Château-Rouge, où je photographiais des piments habaneros, qui sont une des choses que j'aime le plus au monde.

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Il y en avait justement quelques sachets suspendus sur un très beau mur.

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Et même un petit qui s'était échappé. En ce temps-là, si proche, et qui me paraît maintenant si lointain, les habaneros venus d'ailleurs couraient librement sur les trottoirs de Paris.

On n'avait pas encore reçu le coup de massue sur la tête, ce coup de massue qui laisse hébétée, impuissante et déprimée la moitié de la France ; et moi, je ne savais pas encore que j'avais la coqueluche. Je croyais juste que c'était un gros rhume, un gros vilain rhume poilu.
Mais comme justement ça faisait mine de devenir vilain, un soir, n'y tenant plus, je me suis rendue aux urgences ORL à Lariboisière. C'était la veille du 1er mai ; si le lendemain n'avait pas été férié, j'aurais attendu de voir mon médecin traitant. Voulant en finir vite et éviter une surinfection, je n'ai pas hésité.
J'ai attendu de minuit à 4 heures du matin, toussant et flageolant. Une dame âgée, accompagnée de son ami et de sa fille, attendait depuis 19 heures. Une jeune Sri-Lankaise toussait, comme moi, de manière très sonore, en chant de coq, avec des reprises respiratoires difficiles. Je ne pensais pas encore à la coqueluche.
Au bout d'un certain temps, l'attente n'a plus d'importance. Le temps s'arrête. On se fiche d'avoir attendu trois heures, et si l'on doit attendre jusqu'au jour, on attendra. Tout plutôt que de sortir autour de la gare du Nord aux petites heures du matin. Il y a deux personnes âgées affligées de saignements de nez sévères. Il faut les mécher, les panser ; les pauvres, sans doute une suite des fortes chaleurs que nous avons eues ces jours derniers.
C'est peu avant 4 heures que je pénètre enfin dans le bureau de l'interne en ORL. Une frêle jeune fille peu aimable qui me questionne à peine, m'examine très peu, n'écoute pas mes poumons (je lui dis pourtant que je tousse depuis une semaine sans pouvoir dormir la nuit), mais qui en revanche prend un plaisir sadique à m'abaisser la langue de toutes ses forces avec sa plaquette de bois. Deux fois elle me fait étouffer ; à chaque fois elle a un petit sourire au coin du bec. Elle me dit "c'est viral" et me fait illico une superbe ordonnance de sérum physiologique pour me laver le nez. De toute évidence, elle se fout de ma gueule.
"Vous croyez que je suis venue ici et que j'ai attendu quatre heures en pleine nuit pour me faire prescrire du sérum phy ?
— Si je vous donne des antibiotiques, vous allez développer une résistance aux germes.
— Ne pas dormir pendant plusieurs nuits à cause d'une toux, ça ne vous dit rien ?"
Elle ne m'écoute même pas. De toute évidence je l'embête beaucoup. Je la prie de me donner une ordonnance digne de ce nom ; elle finit par griffonner quelque chose à base d'amoxicilline au bas de son ordonnance et me congédie — pas franchement d'un coup de pied dans le cul, mais le cœur y est.
Eh bien, greluche de garde, j'ai le plaisir de t'annoncer que tu as fait une belle erreur de diagnostic. Il y a une coqueluche qui traîne depuis quelque temps, et le nouveau mode de transmission de cette maladie très désagréable — et potentiellement dangereuse pour les très jeunes — se fait par les adultes, vers les jeunes enfants non vaccinés. C'est dire qu'il ne faut pas rigoler avec ça. Et toi, si tu m'avais examinée correctement au lieu de faire ta pétasse, j'aurais eu — au lieu de cette ordonnance pour rhume banal arrachée à grand-peine — un traitement d'érythromycine qui aurait, sans enrayer la maladie, au moins écourté la période de contagion.

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Nous sommes le 18 mai et je tousse encore. Je pense toutefois être entrée depuis quelques jours en période de convalescence. Jusqu'à la nuit dernière, je redoutais la position couchée. Je ne m'endormais pas avant 4 ou 5 heures du matin. Je ne me réveillais pas avant midi. Cela me niquait totalement mes journées. Cette nuit j'ai tout de même pu dormir à 3 heures, m'éveiller à 11 heures. Il y a un net progrès. On va donc, cahin-caha, recommencer à vivre. Et pour quel avenir ?
Cet entre-deux-tours a été celui de la crainte, des faux espoirs, de la préparation au découragement. Et maintenant, après le coup de merlin, c'est la torpeur. Nous sommes tellement sonnés que plus personne ne moufte. Les seules voix qu'on entend sont celles des imbéciles arrogants qui ne perdent pas une occasion de rappeler qu'ils ont le triomphe modeste, d'une presse ahurissante de collaborationnisme courtisan (je propose qu'on rebaptise Le MondeLa Pravda, en voilà un bon titre !), d'une moitié de la France qui s'apprête à saigner l'autre, de toute une culture plurimillénaire qui, pour une des rares fois de son histoire, opte pour la négation d'elle-même. Plus rien ne sera jamais comme avant.

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Mais ne cédons pas au cafard. Bientôt, quand j'irai mieux, nous retournerons à Love Apple Farm. C'est promis. Il reste des légumes à récolter.

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10 avril 2007

Passage du Prado

Un des quartiers les plus passionnants de Paris s'étend entre la gare de l'Est et les Grands Boulevards. Il n'a pas beaucoup changé au fil des années, je trouve même qu'il s'améliore. Différentes communautés se le partagent  : kurde, turque, maghrébine, indo-pakistanaise, chinoise, et quelques pas plus à l'est (boulevard de Sébastopol), afro-antillaise, avec salons de tressage, vente en demi-gros de produits capillaires et un des rares restaurants sichuanais de Paris. La rue du Château-d'Eau a encore ses magasins yougoslaves, présents depuis des générations, et rue du Faubourg-Saint-Denis se trouve une des épiceries fines (Ronalba) les plus intéressantes et les moins chères de la capitale. Ne cherchez pas plus loin pour le vin cotnari grasa de Roumanie, produit depuis le XIVe siècle, le vinaigre balsamique à prix raisonnable, le vrai paprika de Hongrie sans tralala ou les piments d'Espelette frais en saison. Mais passons sur ces considérations foodie, bien sûr on ne va pas tarder à y revenir. Nous avons pour l'instant à causer architecture.

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Dans ce quartier, depuis bien longtemps, les murs parlent. Affiches politiques kurdes, annonces de concerts turcs ou africains… Hier j'ai constaté l'existence de deux magasins de musique kurdes, témoignant d'une implantation sereine : quand on peut se concentrer sur la musique, c'est que le moral ne va pas trop mal.

"Oui, mais au fait, tu connais le passage du Prado ?
— Non."
Quelle chance, je vais pouvoir faire connaître cette merveille à quelqu'un ! Et ce avec l'assurance d'un effet de surprise d'autant plus vif que, de l'extérieur, ce passage n'a l'air de rien. Oui, à proprement parler : de rien. Mais une fois à l'intérieur, c'est la claque.

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Ce somptueux passage art-déco abrite des pizzerias et des salons de café turcs, des magasins de DVD indiens, des gargotes-pâtisseries pakistanaises, des barbiers, des salons de coiffure dont un indien avec un énorme portrait de Sharukh Khan au-dessus de la façade, et même un restaurant mauricien qui n'a pas l'air mal et qu'il faudra essayer un jour. Bref, le passage est à lui tout seul un résumé du quartier, sous une splendide verrière totalement cradingue, ornée d'étonnants panneaux décoratifs en verre transparent enchâssé dans des moulures 25. Toute l'année, à toute heure, de tout temps, la lumière est superbe malgré la couche de crasse qui recouvre les éléments plafonniers. Ou peut-être y contribue-t-elle ?

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Constat : on va passage du Prado manger une plâtrée de riz et un curry de pois chiches accompagnés d'un chatni vert fluo, se faire faire une coupe bien à ras, refaire le plein en DVD de comédies musicales indiennes (hier, 3 pour 10 euros, toutes avec Sharukh Khan bien entendu), grignoter un lahmacun, discuter le coup en égrenant son chapelet oriental, faire une partie de trictrac devant un café turc, mais on s'y promène rarement. Et pas l'ombre d'un touriste, évidemment. Qualifiez-le de crade, dites-le louche ou glauque si vous voulez, le passage du Prado est une mine d'or, un trésor artistique et social, un écosystème délicat, et je vous serais reconnaissante de ne pas me le bousiller en y débarquant en délégation pour vérifier si ce que je dis est vrai. Soyez discrets. Venez seul ou à deux. Ne troublez pas l'équilibre fragile de ce lieu encore préservé.

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Oui, pour combien de temps encore je ne sais pas, mais ça fait déjà une paye que ça dure et j'aimerais bien que ça dure encore un peu. C'est à ma connaissance le seul passage de Paris, à ce niveau de beauté architecturale, qui n'ait pas encore été cureté, vidé, gratté, écaillé, aseptisé, blanchi, embourgeoisé et converti en galerie marchande pour rupins. Ah, c'est sûr, un coup de plumeau sur les verrières ne ferait pas de mal. Mais n'en faites pas trop, s'il vous plaît. Ne me tuez pas mon passage, ne me le gentrifyez pas, n'en chassez pas les pizzaiolos turcs ni les barbiers indiens, n'y installez pas de boutique Jean-Paul Gaultier, de rédaction de magazines fashion, de boutique Annick Goutal qui sent la poule de luxe, de comptoirs de design thaïlandais. Non que j'aie rien contre ces choses, je vous l'assure, mais laissez-nous au moins celui-ci. Passez-y un coup de chiffon si vous voulez, mais ne nous le changez pas, par pitié.

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Sans compter que si le caudillo des Hauts-de-Seine est malencontreusement élu, je pense que le passage aura du souci à se faire (il ne sera d'ailleurs pas seul). Le karcher n'est pas loin. Comme tout le monde, je subis le matraquage lancinant des sondages, et bien que je tienne le coup depuis aussi longtemps que vous, je commence à faiblir. Je sais bien ce que valent les sondages, surtout avec Sarko chef des RG il y a encore peu de temps (et je ne suis pas du tout certaine que son départ y change quoi que ce soit), mais à force de résister intérieurement je me sens à présent proche du craquage. Vivement que cette campagne soit finie, bien qu'à la vérité je redoute de plus en plus cette échéance.

pilau

Il ne sert à rien de ruminer de tristes pensées, mais il faut dire que ces temps-ci, entre le crâne de piaf texan qui se prépare à bombarder l'Iran et le fait que personne sans doute ne parviendra à l'en empêcher, ça craint. Heureusement, une petite assiette de pilau sucré, non commandée, arrive sur notre table à la fin de notre repas dans la gargote pakistanaise. Un cadeau. Tout le monde dans le restaurant a la sienne. Multicolore, savoureux, imprégné de ghee et d'une bonne odeur de cardamome, ce petit plat ressemble à un discret encouragement à ne pas perdre l'espoir.

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25 mars 2007

Réponse de Paris à New York à propos de la photo précédente

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Je peux en faire autant.

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18 février 2007

Bonne année du Cochon de feu !

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Au revoir l'année du Chien !

cochon

Bonjour l'année du Cochon !

Vous avez reconnu sur cette image le style inimitable de la pâtisserie festive asiatique. Sachez aussi que dans cette pâtisserie de l'avenue de Choisy, vous trouverez de délicieux chaussons feuilletés au porc laqué, des pâtés au porc et à l'oignon, des malako (génoises légères cuite à la vapeur selon une recette malaise, d'où leur nom) de toutes les couleurs et à tous les parfums (oui, aussi au durian)...

danta

Et des dan ta (tartelettes feuilletées aux œufs, un héritage portugais légué à la Chine du Sud par l'intermédiaire de Macao) remarquablement légers et savoureux.

tour

Ce dimanche, nous sommes allés faire un tour dans le XIIIe en fête dans l'espoir (naïf) d'y manger un morceau. Nous y sommes arrivés à grand-peine, tous les restaurants (les bons et les moins bons) avaient leur file d'attente.

danselion

Les groupes de danse du lion sont à tous les coins de rue, chaque année la fête s'organise un peu mieux.

_l_phants

Tout le monde aime ça, et ça fait sourire les petits éléphants thaïlandais.

popculture

Terminons sur ce bel exemple de pop-culture vietnamienne gros calibre.

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03 février 2007

Le saviez-vous ?

1. À la fin de l'été dernier, dans le square de Cluny, un arbre était devenu incontrôlable. Il balançait stupidement ses branches au ras du sol et fauchait les petits enfants qui n'aspiraient qu'à jouer au tourniquet ou à la cage à singes. Il fallut fermer le square au public. Finalement, après quelques bonnes piqûres de sédatifs, les choses sont rentrées dans l'ordre et l'écriteau a disparu. Sujet de méditation : les plantes aussi.

arbredangereux


2. Il y a dans le XIIe arrondissement une boulangerie qui, comme beaucoup d'autres, propose des sandwichs. On peut observer ici un remarquable effort de communication : de véritables sandwichs à partir de produits frais (et non des répliques en plastique coloré d'une ressemblance frappante, comme on en voit dans les vitrines des restaurants japonais) servent à informer le client sur la marchandise. Le problème, c'est la tête qu'ils ont après être restés plusieurs heures à l'air libre. Sujet de méditation : quand l'honnêteté absolue dans la communication devient contre-productive.

bonapp_


3. Entre novembre et mars, il ne faut jamais s'asseoir en terrasse d'un restaurant italien de Paris, dans l'intention de manger un délicieux plat de pâtes, sans s'être d'abord assuré qu'il y a bien une marquise ou toute autre protection sérieuse au-dessus de votre table. Un passage de truffes sauvages (Tuber melanosporum var. flapflapus) en surplomb de votre assiette pourrait la gâcher irrémédiablement. Sujet de méditation : regardez, un instant d'inattention, et voilà le travail.

melano



4. Une école primaire parisienne éduquant de nombreux enfants de personnalités politiques et médiatiques, soucieuse de sa tranquillité, a trouvé le moyen idéal pour décourager les inscriptions de prolos. Sujet de méditation : je ne sais pas très bien mais ça doit avoir un rapport avec la communication.

scarlatine



5. Cette photo le prouve : la nouvelle sex bomb d'Hollywood n'a strictement rien dans le slip. Sujet de méditation : deux jours de stage Photoshop, c'est nettement insuffisant, même pour la presse à blaireaux.

ravages



6. Et en guest-star, Prosty, l'ami des enfants ! Pour l'adresse, nous contacter en privé.

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(Sous le titre "Aventures de la communication dans le monde moderne, avec aparté sur les vols de discomycètes", ce qui précède a fait l'objet d'une conférence avec projections à la mairie de Zouzou-les-Palourdes (Seine-Maritime).)

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13 janvier 2007

Sans parole

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« J'ai mis cinquante ans à me ressembler. » (Sacha Guitry.)

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06 janvier 2007

C'est beau une ville la nuit

D'autant qu'il se passe de drôles de choses derrière les vitrines, rue de La Tour-d'Auvergne, quand les marchands de bébés phoques sont allés se coucher.
Heureusement, Ptipois était là pour prendre cet instant sur le vif.

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23 novembre 2006

Lancement de Sup d'Orangina

Hier, à l'école des beaux-arts de Paris, a eu lieu le lancement de l'université que toute la France attendait : Sup d'Orangina, destinée à former les meilleurs secoueurs de petite bouteille jaune ronde et marrante.
Vous pourrez suivre les cours à partir du 23 novembre (c'est-à-dire demain).

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L'emblème de l'université.

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C'est sous les ors un peu fanés et en présence des statues un peu cassées de l'École que se sont alignés, sous la surveillance des flacons ventrus, les beaux verres dessinés par Matali Crasset.

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Frédérick Grasser-Hermé avait mixé pour l'occasion un cocktail rubis acidulé orné d'un glaçon jaune cruciforme.

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Elle nous avait également, dans un délai relevant de la haute voltige, concocté un menu raffiné et délicieux où la boisson secouée avait toujours son rôle à jouer : ceviche, manchon de poulet laqué aux pâtes langues-d'oiseau safranées ; porc braisé, salade d'agrumes, œuf de caille au kaki...

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Pierre Hermé, quant à lui, avait créé de petits macarons à l'Orangina au goût fin et équilibré, entre l'acidité et la légère amertume du zeste. Une réussite, comme l'était aussi le Sensation Orangina (ci-dessous). Bravo à tous les deux : tout cet  or de fruit a fort bien égayé la grise journée d'hier.

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